Les mares

Qu'est-ce qu'une mare?


D'après la définition nationale donnée par le Pôle-relais « Mares, zones humides intérieures et vallées alluviales », une mare est une petite étendue d’eau stagnante, de quelques mètres carrés à 5000 m², généralement sans système de contrôle du niveau d'eau. Ce milieu de transition entre les milieux terrestres et aquatiques est de faible profondeur (moins de 2 m) ce qui permet à toute la hauteur d'eau d'être sous l'action des rayons du soleil et ainsi aux plantes de s'enraciner sur tout le fond. La végétation et le sol sont particuliers et témoignent de la présence d'eau au moins une partie de l'année. Alimentée par les eaux de pluie et de ruissellement ou les nappes phréatiques, une mare peut totalement s'assécher en été. Elle est alors qualifiée de temporaire, à l'inverse d'une mare permanente. Une mare peut être d'origine naturelle mais est le plus souvent créée par l'Homme.

Usages et intérêts des mares


Les mares d'hier...


Les mares ont été créées jadis notamment pour abreuver les troupeaux près des exploitations agricoles, dans les pâtures ou le long des sentiers lors des déplacements du bétail entre l'étable et le pâturage. La vie à la ferme s'organisait autour d'une ou plusieurs mares, répondant aux besoins domestiques (stockage d'eau, réserve à incendie, vivier à poissons pour se nourrir), agricoles (abreuvoir, rouissage du lin et du chanvre) voire artisanaux (vannerie).


… à aujourd'hui


Depuis l'arrivée de l'eau courante, l'intérêt des mares paraît moins évident. Les mares présentent de nombreuses utilités parfois insoupçonnées. Sources d'alimentation en eau, elles peuvent toujours servir à l'abreuvement du bétail (voir guide "Les mares agricoles de Bourgogne"), de la faune sauvage et quelquefois même à l'irrigation.


Grâce à leur végétation qui puise sa nourriture dans l'eau (nitrates, phosphates, etc.), les mares constituent des filtres épurateurs de l'eau.


Zones de stockage et véritables «éponges», elles participent à la régulation des crues et à la recharge des nappes phréatiques.


Freins à l'écoulement des eaux de surface, ces points d'eau participent à la limitation de l'érosion des terres agricoles.

Témoins de notre histoire agricole, forestière et rurale, elles constituent un lien avec des pratiques passées. Ancrées dans les territoires au plus proche des populations, elles sont notre patrimoine commun. Les mares contribuent aussi à l'amélioration du cadre de vie général et constituent des points d'eau de proximité pour lutter contre les incendies.


Précieux supports pédagogiques et scientifiques, elles sont de véritables outils pour la découverte de la biodiversité, des interactions entre les espèces et leurs milieux et l'impact que l'Homme peut avoir sur eux.


Mais n'oublions pas que ce sont avant tout des réservoirs de biodiversité

Ces points d'eau sont indispensables à la réalisation du cycle de vie de plusieurs petits animaux comme les amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons et salamandres) mais aussi plusieurs groupes d’insectes comme par exemples les odonates (libellules et demoiselles) ou certains coléoptères aquatiques. Elles accueillent des groupements végétaux particuliers aux espèces parfois rares et menacées.

Les différents types de mares bourguignonnes


La diversité des mares est liée à la diversité des usages qui ont motivé leur création (voir "Usages et intérêts des mares "). Les types de mares les plus fréquents sont:

L'Atlas cartographique des mares de Bourgogne a mis en évidence que, dans notre région, les mares agricoles sont majoritaires (75% des mares du territoire), loin devant les mares de village, les mares ouvragées ou les mares forestières*.

* Attention, la méthode de recensement utilisée présente un biais au niveau des massifs forestiers. Par conséquent, l'estimation du nombre de mares forestières est sous-évalué.

Comment se portent les mares aujourd'hui ?


Ayant pour la plupart perdu leur utilité aux yeux de l'Homme et désormais jugées inutiles, les mares sont victimes de comblement, d'abandon et de manque d'entretien, de drainage, de pollution, etc. Près de la moitié d'entre elles ont disparu en France depuis les années 1950.

En Bourgogne, malgré les menaces qui pèsent aujourd'hui sur elles, mares forestières, de prairies ou encore de villages, sont encore présentes dans de nombreuses petites régions naturelles où les conditions géologiques et des sols sont propices à la formation de mares et où les activités d'élevage se sont bien maintenues. Citons notamment la Puisaye, la Bresse bourguignonne, l'Auxois, le Charolais ou encore le Brionnais.