Le programme Sylvae

Réseau de vieilles forêts en Bourgogne-Franche-Comté
Souche d'arbre sur laquelle se développe d'autres formes de vie (mousses, lierre, insectes...)

« Laisser à la forêt le temps nécessaire à son évolution naturelle, voilà l’ambition des Conservatoires de Bourgogne-Franche-Comté avec le programme Sylvae ! »

Logos du programme Sylvae et des Conservatoires d'espaces naturels de Bourgogne-Franche-Comté

Les Conservatoires d’espaces naturels de Bourgogne-Franche-Comté ont rejoint le programme Sylvae, initié en 2018 par le Conservatoire d’Auvergne. Ce programme regroupe les actions visant l’acquisition foncière de parcelles de forêts anciennes et matures, ou de forêts à haute valeur écologique qui seront laissées en libre évolution dans un objectif de préservation sur le long terme.

Mousses et lichens sur un tronc d'arbre

Mousses et lichens sur un tronc d’arbre.
O. Girard – CEN Bourgogne

La libre évolution,
qu’est-ce que c’est ?

En pratique, la libre évolution signifie que ces parcelles, une fois acquises, ne feront l’objet d’aucune coupe ni autre intervention sur la végétation. Laisser la forêt en libre évolution, c’est laisser le milieu se développer selon ses lois propres, sans y toucher ; c’est laisser à la forêt le temps nécessaire à son évolution naturelle.

Ces forêts anciennes et matures accueillent une très grande variété d’espèces, dont certaines sont liées au stade âgé de l’écosystème forestier.

Les polypores sont des champignons poussant sur les arbres
Lamie tisserand, grand coléoptère dont la larve se développe dans le bois mort
La Scolopendre est une fougère que l'on retrouve souvent en forêt de ravin.

Les polypores sont des champignons qui se développent sur les troncs.
O. Girard – CEN Bourgogne

Les larves du Lamie tisserand se développent dans le bois mort.
G. Doucet – CEN Bourgogne

La Scolopendre, ou langue de cerf, est une fougère abondante dans les forêts de ravin.
O. Girard – CEN Bourgogne

Les larves du Lucane cerf volant se nourrissent de bois mort ou pourrissant
Le sol des vieilles forets est très riche en matière organique
La forêt de Montmain vue du ciel

Lucane cerf volant
R. Desbrosses

Le sol des vieilles forêts est riche en matière organique.
O. Girard – CEN Bourgogne

La forêt de Montmain vue du ciel
O. Girard – CEN Bourgogne

1/ Préserver une biodiversité forestière à forte responsabilité

Les vieilles forêts se caractérisent par une accumulation de gros arbres sur pied et de bois mort résultant de la dynamique naturelle des écosystèmes. Ce bois mort accueille une faune particulière et notamment les insectes saproxyliques qui, en se nourrissant de ce bois mort, participent au recyclage de la matière organique. En forêt, une espèce sur quatre est liée ou dépend du bois mort ! Les vieux arbres constituent également des sites de reproduction et des abris pour de nombreuses espèces comme les pics, les chauves-souris…

2/ Atténuer les effets du changement climatique

Les forêts contribuent à l’atténuation du changement climatique, notamment par le stockage du carbone (environ 12 % des émissions de gaz à effet de serre annuelles). Le carbone en forêt se répartit entre trois stocks : le peuplement vivant, le bois mort et le sol. 30 % du carbone est stocké dans le sol. Or les forêts anciennes possèdent un sol très épais et significativement plus riche en matière organique que les anciens sols cultivés pendant des siècles puis récemment reboisés. Les vieilles forêts contribuent ainsi grandement au stockage du carbone.

3/ Sauvegarder un patrimoine culturel et historique

Les vieilles forêts font partie de notre héritage culturel et social. Certaines des forêts qui étaient déjà présentes au début du XIXe siècle peuvent être beaucoup plus anciennes : médiévales, antiques… De nombreux contes et légendes ont par ailleurs pris naissance dans ces forêts. Elles constituent ainsi un pan de notre histoire et de notre culture.

Les vieilles forêts sont menacées

Si l’exploitation économique des forêts a toute sa vocation pour la création de matériaux durables et d’énergie, elle empêche le plus souvent le vieillissement naturel des arbres.  En effet, elle raccourcit leur cycle biologique qui s’étend normalement sur des centaines d’années. Il est donc important de conserver une partie des forêts en libre évolution, laquelle permet une accumulation de gros arbres sur pied et de bois morts. Ces derniers accueillent une faune particulière et notamment des insectes saproxyliques qui, en se nourrissant de ce bois mort, participent au recyclage de la matière organique.

Les vieilles forêts ont donc été relativement à l’abri des activités humaines et notamment de l’exploitation forestière. Mais aujourd’hui, des menaces pèsent de plus en plus sur ces vieilles forêts. Il est donc urgent de les préserver !

Vue aérienne de la forêt de Montmain

Vue aérienne de la forêt de Montmain
O. Girard – CEN Bourgogne

« Aux arbres citoyens » : un appel aux dons qui fait écho aux vieilles forêts !

Le 8 novembre 2022, France Télévisions organisait une grande émission « Aux arbres citoyens » sur France 2, en partenariat avec France Inter et France Nature Environnement pour sensibiliser et inciter à l’appel aux dons en faveur de projets de régénération et de préservation de nos forêts et de leur biodiversité.

À l’issue de cette opération, les citoyens et citoyennes se sont mobilisés plus que jamais, permettant de collecter près de 2 millions d’euros !

Sur les 39 projets sélectionnés, se trouvait celui des Conservatoires de Bourgogne-Franche-Comté qui a bénéficié d’un financement à hauteur d’environ 100 000 €. Cette somme va permettre de contribuer aux investissements nécessaires au programme Sylvae, à savoir, l’achat de parcelles de vieilles forêts en Bourgogne-Franche-Comté. Ces parcelles acquises seront ensuite gérées selon le principe de la libre évolution.

Vers l’acquisition de vieilles forêts

Les Conservatoires d’espaces naturels de Bourgogne-Franche-Comté ont débuté l’acquisition de vieilles forêts, notamment grâce aux fonds récoltés par France Nature Environnement et France télévisions dans le cadre du projet « Aux Arbres Citoyens » et au Fonds Vert (fonds public qui soutient des projets de performance environnementale, d’adaptation au changement climatique et d’amélioration du cadre de vie dans les territoires).

11% de la forêt française se situe en Bourgogne-Franche-Comté, ce qui en fait l’une des 5 plus grandes régions forestières de France.

5% seulement de la surface forestière en Bourgogne-Franche-Comté comporte de la forêts anciennes et matures (IGN, 2017).

20% des surfaces forestières en Bourgogne-Franche-Comté sont incluses dans le réseau Natura 2000 au travers de 153 sites.

4 parcs naturels régionaux (PNR) (Morvan, Ballon des Vosges, Haut-Jura et Doubs Horloger) qui couvrent 12% de la superficie régionale.

141 sites protégés et gérés par les conservatoires de Bourgogne-Franche-Comté renferment des milieux forestiers pour une surface totale de 2800 ha.

Le programme Sylvae, à grande échelle !

Né en Auvergne, le programme Sylvae est devenu un projet national du réseau des Conservatoires d’espaces naturels. Il a ainsi intégré les actions déjà engagées par d’autres conservatoires, tels le CEN Occitanie, le CEN Rhône-Alpes, le CEN Centre-Val de Loire et récemment les CEN de Bourgogne-Franche-Comté, en faveur de la biodiversité forestière.